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Par ailleurs, le serviteur pieux ne sous-estime d&rsquo;aucune fa&ccedil;on l&rsquo;acte de d&eacute;sob&eacute;issance, aussi infime soit-il, et cela conform&eacute;ment &agrave; la parole du proph&egrave;te :
&laquo;&nbsp;Prenez garde aux petits p&eacute;ch&eacute;s n&eacute;glig&eacute;s&nbsp;! Car les petits p&eacute;ch&eacute;s ressemblent &agrave; un groupe de gens qui font halte dans une vall&eacute;e, chacun d&rsquo;eux apportant un bout de bois, jusqu&rsquo;&agrave; ce qu&rsquo;ils aient de quoi faire cuire leur pain. Aussi, chaque fois que les petits p&eacute;ch&eacute;s seront comptabilis&eacute;s, leur auteur p&eacute;rira[1].&nbsp;&raquo;
&nbsp;C&rsquo;est pourquoi, nos pieux pr&eacute;d&eacute;cesseurs &nbsp;ressentaient une g&ecirc;ne intense de commettre des p&eacute;ch&eacute;s, qu&rsquo;ils soient majeurs ou mineurs.
Anas Ibn M&acirc;lik &nbsp;a dit&nbsp;:
&laquo;&nbsp;Certes, vous accomplissez des actes qui sont &agrave; vos yeux plus fins que des cheveux alors que nous les consid&eacute;rions &agrave; l&rsquo;&eacute;poque du proph&egrave;te parmi les p&eacute;ch&eacute;s capitaux[2].&nbsp;&raquo;
&nbsp;Et Ibn Masc&ucirc;d &nbsp;disait&nbsp;:
&laquo;&nbsp;Le croyant voit ses p&eacute;ch&eacute;s comme s&rsquo;il s&rsquo;asseyait au pied d&rsquo;une montagne, craignant qu&rsquo;elle ne s&rsquo;&eacute;croule sur lui. Quant au pervers, il voit ses p&eacute;ch&eacute;s comme des mouches qui passent pr&egrave;s de son nez et pense qu&rsquo;il peut s&rsquo;en d&eacute;barrasser d&rsquo;un simple geste[3]. &raquo; [Ab&ucirc; Shih&acirc;b, l&rsquo;un des transmetteurs du hadith, a dit&nbsp;: &laquo;&nbsp;Puis il passa sa main sur son nez[4].&nbsp;&raquo;]
Le grand savant Ibn Hajar a expliqu&eacute; les propos de cAbdullah Ibn Masc&ucirc;d de la manire suivante&nbsp;:
&laquo;&nbsp;Ibn Ab&icirc; Jamrah a dit&nbsp;: &laquo;&nbsp;La raison pour cela est que le c&oelig;ur du croyant est illumin&eacute;. Ainsi, d&egrave;s qu&rsquo;il constate en lui-m&ecirc;me ce qui va &agrave; l&rsquo;encontre de ce qui &eacute;claire son c&oelig;ur, cela lui devient insupportable.
Et la sagesse d&rsquo;avoir compar&eacute; cela &agrave; une montagne repose sur le fait que g&eacute;n&eacute;ralement, lorsqu&rsquo;une montagne s&rsquo;&eacute;croule sur une personne, elle ne peut y survivre ; contrairement &agrave; d&rsquo;autres types d&rsquo;accidents auxquels elle peut &eacute;chapper.
En r&eacute;sum&eacute;, la peur prend fortement le dessus chez le croyant gr&acirc;ce &agrave; l&rsquo;ampleur de sa foi sans pour autant croire qu&rsquo;elle le mettra &agrave; l&rsquo;abri du ch&acirc;timent d&rsquo;Allah. Telle est la condition du musulman qui ne cesse d&rsquo;&ecirc;tre craintif et vigilant devant la surveillance d&rsquo;Allah. D&egrave;s lors, il minimise ses &oelig;uvres pieuses et redoute la plus infime de ses mauvaises &oelig;uvres[5].&nbsp;&raquo;&raquo;
 


[1] Rapport&eacute; par Ahmad (22808). Hadith jug&eacute; acceptable par Ibn Hajar dans &laquo;&nbsp;Fath Al-B&acirc;r&icirc;&nbsp;&raquo; (vol. 11/p. 329).


[2] Rapport&eacute; par Al-Bukh&acirc;r&icirc; (6492).


[3] Rapport&eacute; par Al-Bukh&acirc;r&icirc; (6308).


[4] NdT&nbsp;: &agrave; la mani&egrave;re de quelqu&rsquo;un qui cherche &agrave; &eacute;loigner une mouche qui tourne autour de son nez.


[5] &laquo;&nbsp;Fath Al-B&acirc;r&icirc;&nbsp;&raquo; (vol. 11/p. 105).

