Sur r&eacute;v&eacute;lation divine, Mohammed r apporta une religion en accord avec la nature humaine, une religion qui tint compte des besoins de l'&acirc;me et des exigences du corps, qui instaura un &eacute;quilibre et &eacute;tablit un parall&egrave;le entre le travail pour la vie ici-bas et pour l'au-del&agrave;. C'est une religion qui temp&eacute;ra les instincts de l'homme et disciplina ses d&eacute;sirs, sans pour autant les &eacute;touffer ni essayer de les supprimer compl&egrave;tement. Ceci, comme ce fut le cas d'autres civilisations, qui sombr&egrave;rent dans des id&eacute;aux contraires &agrave; la nature humaine, privant les personnes enclines &agrave; l'adoration et &agrave; une grande religiosit&eacute; de leurs droits humains naturels comme le mariage, ou leur interdisant certaines r&eacute;actions naturelles face &agrave; l&rsquo;agression en les appelant &agrave; ne pas r&eacute;pondre aux agresseurs, ce qui poussa la majorit&eacute; des enfants de cette civilisation au rejet de ces principes et &agrave; l&rsquo;adoption effr&eacute;n&eacute;e du mat&eacute;rialisme pur, qui satisfait aux exigences du corps et abandonne l'&acirc;me dans un immense d&eacute;sert.
En v&eacute;rit&eacute;, celui qui envoya Mohammed avec le message de l'Islam n'est autre qu'Allah, le Cr&eacute;ateur de tous les &ecirc;tres humains, Celui qui sait parfaitement ce qui leur convient et ce qui s'accorde le mieux &agrave; la nature originelle sur laquelle Il les a cr&eacute;&eacute;s et &agrave; ce qu'Il y a d&eacute;pos&eacute; comme pr&eacute;dispositions, potentiels et besoins. Cette nature originelle ne pourra se d&eacute;velopper dans la droiture si elle n'est pas combl&eacute;e ou si elle est n&eacute;glig&eacute;e, ou si on la dirige vers ce qui s&rsquo;oppose &agrave; elle. Puis, si cette nature s&rsquo;&eacute;carte de la droiture et se corrompt, la vie des hommes sur terre se d&eacute;grade et se pervertit. Apparaissent alors des troubles psychologiques et des maux sociaux incurables.
Ceci est le cas de beaucoup de r&eacute;gions sur terre, o&ugrave; l'on trouve dans la soci&eacute;t&eacute; de nombreuses violations &agrave; la nature originelle de l'homme, tels le renoncement au mariage dans la vie monacale, les d&eacute;viances sexuelles comme l'homosexualit&eacute;, le repli sur soi et la perdition du lien social, ou encore le mat&eacute;rialisme excessif et l'assouvissement des d&eacute;sirs corporels tout en n&eacute;gligeant les besoins spirituels, ou tout autre forme apparente de d&eacute;viance de la nature originelle.
Ceci, alors que celui qui m&eacute;dite sur les enseignements de l'Islam, avec lesquels vint Mohammed r par commandement divin, ne manquera pas de remarquer l'&eacute;quilibre que l'on y trouve entre les diff&eacute;rents aspects de la vie humaine&nbsp;: entre les besoins mat&eacute;riels du corps envers la nourriture, la boisson, le mariage, le repos, etc., les besoins spirituels de l'&acirc;me comme l&rsquo;adoration d&rsquo;Allah et l&rsquo;am&eacute;lioration du comportement, et les besoins intellectuels de la raison tel l&rsquo;amour de la connaissance, de la recherche et de la d&eacute;couverte.
L'Islam &eacute;quilibre tous ces aspects avec souplesse, sans que l'un ne pr&eacute;domine sur l&rsquo;autre, il interdit tout exc&egrave;s et toute n&eacute;gligence, et enjoint la mod&eacute;ration, quelques soient les circonstances.
La Charia ne vint que pour satisfaire et r&eacute;guler ces besoins, et exposer leurs limites, de telle sorte &agrave; ce qu&rsquo;ils ne s'opposent pas &agrave; la nature originelle de l'homme, ni &agrave; la sagesse pour laquelle il a &eacute;t&eacute; cr&eacute;&eacute;, &agrave; savoir l'adoration d'Allah et l'habitation de la Terre pour y r&eacute;pandre les choses utiles et bonnes.
La Charia rendit donc licite toute chose dont l'utilit&eacute; et les avantages sont pr&eacute;pond&eacute;rants pour l'&ecirc;tre humain, et elle interdit toute chose qui pr&eacute;sente une nocivit&eacute; et des inconv&eacute;nients pour la vie de l'homme, sa facult&eacute; de raisonnement, ses biens, ou sa sant&eacute;.
L'on peut citer quelques paroles de la r&eacute;v&eacute;lation que re&ccedil;ut Mohammed r [pour &eacute;tayer notre propos]&nbsp;: (&nbsp;Et Il vous a assujetti tout ce qui est dans les cieux et sur terre, le tout venant de Lui. Il y a l&agrave; des signes pour des gens qui r&eacute;fl&eacute;chissent.&nbsp;)[1]
Allah n'a donc pas cr&eacute;&eacute; cet univers pour qu'il soit abandonn&eacute; et non exploit&eacute;, ou pour que Ses cr&eacute;atures en soient &eacute;cart&eacute;es. L'expression &laquo;&nbsp;سخّر&nbsp;&raquo; (a assujetti) contient l'id&eacute;e qu'Allah a soumis cet univers et facilit&eacute; &agrave; l'homme sa d&eacute;couverte ainsi que l'exploitation de ses ressources et de ses tr&eacute;sors.
Allah I dit &eacute;galement&nbsp;: (&nbsp;Et vise &agrave; travers ce qu'Allah t&rsquo;a donn&eacute;, la Demeure derni&egrave;re, sans oublier ta part en cette vie. Sois bienfaisant comme Allah l&rsquo;a &eacute;t&eacute; envers toi. Et ne cherche pas &agrave; semer la corruption sur terre, car Allah n&rsquo;aime point les corrupteurs.&nbsp;)[2] Et Il d&eacute;crit Ses serviteurs comme &eacute;tant&nbsp;: (&nbsp;[&hellip;] des hommes que le commerce et la vente ne distraient pas de la mention d'Allah, de l&rsquo;accomplissement de la pri&egrave;re et de l&rsquo;acquittement de la Zak&acirc;t[3], et qui redoutent un jour o&ugrave; les c&oelig;urs et les regards seront boulevers&eacute;s.&nbsp;)[4]
Donc, bien que ces hommes s'investissent dans le commerce, ils n'en oublient pas pour autant leurs devoirs spirituels, religieux, et moraux, craignant le Jugement devant Dieu apr&egrave;s leur mort. Imaginons le comportement de tels commer&ccedil;ants portant en eux cette croyance et ces nobles caract&egrave;res, et imaginons comment serait la vie si les gens &eacute;taient &agrave; leur image dans les autres domaines de la vie.[5]
L'histoire t&eacute;moigne que des commer&ccedil;ants musulmans semblables &agrave; ceux-l&agrave; furent la cause de la conversion &agrave; l&rsquo;Islam de vastes pays lointains, tels l'Indon&eacute;sie, le Soudan et d'autres encore, et ceci, sans l'intervention d'arm&eacute;es conqu&eacute;rantes, contrairement &agrave; ce que pr&eacute;tendent ceux qui n'ont pas su lire l'histoire correctement.
Dieu dit &eacute;galement&nbsp;: (&nbsp;[&hellip;] et Nous avons mis dans le c&oelig;ur de ceux qui le (c'est-&agrave;-dire J&eacute;sus) suivirent crainte et mis&eacute;ricorde. L'asc&eacute;tisme qu&rsquo;ils invent&egrave;rent, Nous ne le leur avions nullement prescrit. Ils &eacute;taient cens&eacute;s rechercher l&rsquo;agr&eacute;ment de Dieu, mais ils ne l&rsquo;observ&egrave;rent pas comme il se devait. [&hellip;]&nbsp;)[6]
Mohammed, le Proph&egrave;te de l'Islam, donna le meilleur des exemples concrets d'&eacute;quilibre entre spiritualit&eacute; et mat&eacute;rialisme, &agrave; tel point qu'il se mettait en col&egrave;re quand quelqu'un s'opposait &agrave; la nature humaine et &agrave; la voie [d'&eacute;quilibre] des Proph&egrave;tes et Messagers. On lui rapporta ainsi un jour que certaines personnes firent un serment solennel &agrave; Dieu de s'abstenir de dormir la nuit [pour prier], de se marier, et de manger et boire la journ&eacute;e [pour je&ucirc;ner]. Il prit alors une position stricte pour d&eacute;fendre la voie du juste milieu qu&rsquo;il avait &eacute;t&eacute; charg&eacute; d&rsquo;enseigner&nbsp;:
Anas ibn Malik rapporta que trois membres des familles des femmes du Proph&egrave;te vinrent &agrave; leur maison s'enqu&eacute;rir des actes d'adoration du Proph&egrave;te, et lorsqu'ils en furent inform&eacute;s, les trouv&egrave;rent assez peu nombreux&nbsp;! Ils se dirent alors&nbsp;: Qui sommes-nous par rapport au Proph&egrave;te, alors qu'Allah lui a pardonn&eacute; ses erreurs pass&eacute;es et futures&nbsp;? Alors, l'un d'entre eux dit&nbsp;: Eh bien moi, je passerai toutes mes nuits en pri&egrave;re. Le deuxi&egrave;me dit&nbsp;: Quant &agrave; moi, je je&ucirc;nerai tous les jours et ne romprai jamais mon je&ucirc;ne. Et le troisi&egrave;me dit&nbsp;: Et moi, je m'&eacute;carterai des femmes et ne me marierai pas. Alors, le Proph&egrave;te arriva et dit&nbsp;: &laquo;&nbsp;Est-ce bien vous qui avez dit telle et telle chose&nbsp;?&nbsp;Eh bien [sachez], par Allah, que je suis celui d'entre vous qui craint le plus Allah et Le v&eacute;n&egrave;re le plus, mais cela ne m'emp&ecirc;che pas de je&ucirc;ner [un jour] et de manger [un autre], de prier [une partie de la nuit] et de dormir [l'autre], et de me marier aux femmes&nbsp;; celui, donc, qui se d&eacute;tourne de ma voie ne fait pas partie de moi (de ma communaut&eacute;)&nbsp;&raquo;[7].
Tout comme il encouragea les gens &agrave; retrousser leurs manches et &agrave; travailler pour gagner leur vie, et affirma que c'&eacute;tait la meilleure source de revenus. Il dit en effet&nbsp;: &laquo;&nbsp;Personne n'a mang&eacute; une meilleure nourriture que le fruit du travail de ses mains. Et David, le Proph&egrave;te d'Allah -&nbsp;sur lui la paix&nbsp;&ndash; mangeait du travail de ses mains.&nbsp;&raquo;[8]
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[1] L'agenouill&eacute;e, sourate 45, verset 13.


[2] Le r&eacute;cit, sourate 28, verset 77.


[3] Un imp&ocirc;t annuel, pr&eacute;lev&eacute; sur les musulmans qui ont des richesses exc&eacute;dentaires, et revers&eacute; au profit des pauvres et des n&eacute;cessiteux entre autres. (Note du traducteur).


[4] La lumi&egrave;re, sourate 24, verset 37.


[5] Dans les domaines de l&rsquo;activit&eacute; humaine autres que celui du commerce (note du traducteur).


[6] Le fer, sourate 57, verset 27.


[7] Rapport&eacute; par Bukh&acirc;r&icirc; et Muslim.


[8] Rapport&eacute; par Bukh&acirc;r&icirc;.

